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Coût des enfants : deux parents sur trois renoncent à un enfant de plus, selon l’Observatoire des familles

Avoir un enfant de plus ? Pour une majorité de familles françaises, la réponse se heurte d’abord au porte-monnaie. C’est l’enseignement principal de la quatrième édition de l’Observatoire des familles, publiée par l’Union nationale des associations familiales (Unaf). L’enquête, menée par OpinionWay auprès de 2 500 parents, dresse le portrait de foyers qui font passer leurs enfants avant tout, quitte à se priver eux-mêmes. Alors que les arbitrages budgétaires pour 2027 sont en discussion, ces chiffres éclairent la réalité vécue par les parents au quotidien.

Deux parents sur trois freinés par l’argent #

Selon le communiqué de l’Unaf du 16 septembre 2026, 67 % des parents interrogés estiment ne pas disposer des ressources suffisantes pour envisager un enfant supplémentaire. Ce frein est encore plus marqué chez les jeunes parents et chez les femmes (73 % dans les deux cas), ainsi que chez les habitants des zones rurales (71 %).

L’enquête a été réalisée auprès de parents ayant au moins un enfant de moins de 20 ans au foyer. Elle a aussi été déclinée dans 48 départements et 11 régions, auprès de 8 000 parents, ce qui permet aux associations familiales locales de disposer de résultats à leur échelle.

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Un budget familial sous tension

Au total, 63 % des familles se disent contraintes ou « juste » financièrement : 27 % jugent leur situation difficile et 36 % expliquent devoir faire attention. Plus inquiétant pour la suite, 53 % des parents déclarent ne pas avoir les moyens de préparer l’avenir de leur enfant, contre 43 % lors de l’édition 2024. Dix points de plus en deux ans, c’est un signal fort sur la capacité des familles à épargner pour les études, le permis ou un premier logement.

Le logement reste le poste le plus cité : 69 % des parents le mentionnent, et il met 27 % d’entre eux en difficulté. Une chambre de plus, un déménagement pour un appartement plus grand : l’arrivée d’un nouvel enfant se traduit souvent par une hausse immédiate du loyer ou des mensualités.

Les enfants d’abord, les parents ensuite #

Le paradoxe de l’enquête, c’est que ces dépenses ne sont pas vécues comme un fardeau. Les dépenses en faveur des enfants sont perçues comme une source de satisfaction pour 92 % des parents, et 91 % disent les faire passer avant leurs dépenses personnelles. Dans le même temps, 77 % des parents, quel que soit leur niveau de vie, jugent ces dépenses élevées.

La débrouille comme réflexe

Pour tenir le budget, les familles multiplient les astuces. D’après l’Unaf, 74 % des parents cherchent les promotions et 57 % achètent de la seconde main. La revente d’objets est la première solution pour dégager un peu de marge, citée par 46 % des parents. Vêtements devenus trop petits, poussette, jouets délaissés : le marché de l’occasion est devenu un pilier de l’économie familiale.

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Ces efforts ont toutefois leurs limites. Selon le même communiqué, 37 % des parents renoncent à des produits utiles, et 45 % des foyers les plus en difficulté disent renoncer à la qualité. Un enfant qui grandit vite a besoin de chaussures adaptées, d’un matelas correct ou d’un siège auto aux normes : ces renoncements ne sont pas anodins.

Travailler plus, puiser dans l’épargne

Pour faire face, 52 % des parents cherchent à augmenter leurs revenus, par des heures supplémentaires (32 %), un passage à temps plein (31 %) ou de nouvelles responsabilités (23 %). Près d’un sur cinq (19 %) a même pris une activité salariée supplémentaire. Et 42 % puisent dans leur épargne.

La garde des jeunes enfants pèse lourd dans ces arbitrages : 48 % des parents ont aménagé leur vie professionnelle pour limiter les frais de garde, et 28 % ont arrêté ou réduit leur activité.

Des aides jugées insuffisantes #

Les parents interrogés portent un regard sévère sur le soutien public. 78 % estiment que les impôts et les aides actuelles ne prennent pas suffisamment en compte la charge financière liée aux enfants. Et 56 % jugent trop chers les tarifs des services publics destinés aux enfants, comme les crèches, les cantines ou les centres de loisirs.

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La dépêche reprise par Weka le jour de la publication souligne d’ailleurs que le coût d’un enfant est ressenti comme le plus lourd à l’adolescence, au moment où les dépenses de loisirs, d’équipement et de transport s’envolent.

Ce que demande l’Unaf

Face à ces résultats, l’Unaf appelle à éviter, lors des choix budgétaires pour 2027, toute décision défavorable aux prestations familiales. Elle dénonce le poids croissant des modes de garde, veut agir sur le logement familial et plaide pour lutter contre les frais bancaires et développer l’accompagnement budgétaire des ménages. L’union indique aussi poursuivre son action en justice contre la suppression de la majoration pour âge des allocations familiales.

Ce que les parents peuvent faire dès maintenant #

Sans attendre d’éventuelles évolutions, quelques réflexes aident à soulager le budget. Vérifier régulièrement ses droits auprès de la CAF, notamment après une naissance, un changement de revenus ou de situation familiale, permet de ne pas passer à côté d’une aide. Les Udaf proposent par ailleurs, dans de nombreux départements, des points conseil budget gratuits pour faire le point sur ses dépenses et ses crédits.

Enfin, parler d’argent en famille, à hauteur d’enfant, n’a rien de tabou. Expliquer pourquoi on achète d’occasion ou pourquoi on attend les soldes, c’est aussi transmettre une éducation financière précieuse. L’Observatoire des familles le montre : les parents se privent volontiers pour leurs enfants. Reste à savoir si les politiques publiques les aideront à ne pas renoncer à agrandir la famille.

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